June 03, 2012 at 10:22 am. Shared by Josie
En vertu du mandat d'arrêt international émis contre lui, trois nouvelles accusations ont été déposées contre le meurtrier présumé Luka Rocco Magnotta.
Magnotta aurait tué et démembré Jun Lin, un ressortissant chinois de 33 ans, qui étudiait à l'université Concordia, à Montréal. L'homme de 29 ans aurait ensuite envoyé par la poste des morceaux du cadavre à des partis politiques fédéraux.
Magnotta, qui pourrait s'être enfui en Europe, est déjà accusé de meurtre au premier degré, d'outrage à un cadavre, et de harcèlement criminel envers le premier ministre canadien Stephen Harper.
Pour se conformer aux exigences d'un mandat international, le substitut du Procureur général a ajouté 3 accusations: corruption de moeurs, profération de menaces, et utilisation de la poste pour livrer quelque chose d'obscène.
Alors que les polices du monde entier sont appelées à la rescousse pour le retrouver, un nouveau mandat d'arrêt a été lancé hier contre le dépeceur Luka Rocco Magnotta, en lien avec une accusation de harcèlement criminel à l'endroit du premier ministre Stephen Harper.
La menace, vraisemblablement liée au colis qu'il a envoyé au quartier général du Parti conservateur, viserait aussi d'autres députés non nommés dans le document. L'accusation de meurtre non prémédité invoquée dans le premier mandat d'arrêt a aussi été changée pour celle de meurtre prémédité.
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) compte maintenant sur l'aide des polices du monde entier pour la traque du suspect, qui aurait filmé le meurtre et la mutilation de sa victime avant d'envoyer des restes humains à des partis politiques fédéraux. L'histoire a fait le tour du monde.
«On sait que ça se déploie à la grandeur de la planète maintenant. Avec nos partenaires d'Interpol et les médias du monde entier qui ont diffusé son image, nous avons espoir que toute cette pression va nous aider à le ramener où il doit être, c'est-à -dire derrière les barreaux», a déclaré le commandant Ian Lafrenière, du SPVM.
Caméléon
Les enquêteurs savent que Magnotta a pris l'avion de Montréal vers la France le 26 mai. Il a utilisé un passeport à son nom.
Ensuite, rien n'est certain. Magnotta est un grand voyageur, un adepte du déguisement qui utilise plusieurs identités, selon ce que la police sait de lui.
«Après l'aéroport, nous avons de l'information, que nous allons garder pour nous pour l'instant», explique le commandant.
Pour l'instant, la police de Montréal ne compte pas dépêcher d'agents à l'étranger. Elle préfère se fier à ses collègues des autres pays, avisés grâce à une «notice rouge» d'Interpol.
«Il n'y a personne de mieux placé que les policiers de terrain dans leur pays pour le trouver», résume M. Lafrenière.
Les enquêteurs n'écartent pas non plus la possibilité que le suspect soit parti vers l'Europe de l'Est, la Russie, ou qu'il soit revenu au Canada. «Il pourrait être de retour à Montréal sous une autre identité», souligne M. Lafrenière.
La France aux aguets
En France, la Brigade nationale de recherche des fugitifs a été alertée, mais la démarche ne signifie pas «forcément» qu'il se trouve dans l'Hexagone, a précisé un enquêteur cité par l'Agence France-Presse.
Les médias locaux sont restés prudents. La principale chaîne privée française TF1 a ouvert son bulletin d'information de 20h avec cette «terrible affaire» en soulignant que les autorités avaient des «raisons de croire» que l'homme «pourrait» se trouver en France. Le quotidien Le Monde a relevé pour sa part que l'histoire «qui fait frémir d'horreur le Canada» pourrait «prendre une tournure française», là encore en introduisant les bémols de la police nationale.
En Angleterre, photo à l'appui, un journaliste du Sun a raconté avoir rencontré Magnotta il y a six mois à Londres, alors qu'il enquêtait sur les histoires de cruauté animale dont on a accusé l'homme. Magnotta se serait présenté aux bureaux du journal et se serait défendu d'avoir tué des chatons dans des vidéos publiées sur l'internet. Le journaliste a reçu peu après un courriel de menaces, qu'il attribue à Magnotta. La missive précisait que la prochaine fois qu'on entendrait parler de lui, il y aurait des humains dans son film, pas seulement des chatons.
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