Cette
fuite est parue dans les médias israéliens en prévision d’un nouveau round des pourparlers sur le problème nucléaire iranien. Ces mois-ci les
Etats-Unis cherchent à contenir la rhétorique belliqueuse de l’Etat hébreu, destinée à l’Iran. Les Nord-Américains font traîner les choses en longueur, afin de donner encore une chance à la diplomatie. Donc, une pareille entente pouvait parfaitement avoir lieu, suppose l’experte de l’Institut de l’Orient Lioudmila Kouléchova. " L’Amérique s’efforce de s’entendre par tous les moyens avec l’Iran. Surtout à présent, lorsque la République Islamique connaît une situation économique et financière difficile et pourrait accepter quelques concessions touchant son programme nucléaire. Je pense que vers le printemps la situation concernant la
Syrie sera de même plus claire, ce qui est également très important. M. Obama vient de mettre en garde la
Syrie. Et à tout cela s’ajoute encore le problème iranien. Ce serait trop même pour les
Etats-Unis ". Mais un autre point de vue existe : une frappe ne sera pas, probablement, portée
contre l’Iran. C’est ce que conclut un récent rapport de Shai Feldman, expert israélien en vue pour le triangle des relations Téhéran - Washington - Tel-Aviv. Son avis est partagé par Andreï Volodine, qui dirige le Centre des
études orientales à l’Académie diplomatique du MAE de
Russie : " Une opération militaire
contre l’Iran serait de la folie. Les
Etats-Unis auraient à déployer au moins un million de
soldats et plus de deux mille avions. Ils ne le pourront pas. Or toute autre opération qu’une intervention au sol n’aura pas de grand effet. Une opération limitée ne ferait qu’accélérer la fabrication de l’arme nucléaire par l’Iran. Une décision politique au sujet de sa production pour le moment n’est pas prise ". La publication révélant une certaine entente secrète n’est pas une tentative d’exercer une pression sur Téhéran peu avant un nouveau round des négociations. Ses auteurs montraient, sans doute, un raisonnement lucide, poursuit Andreï Volodine : " Cette
fuite est liée à la pression des milieux dirigeants israéliens sur les
Etats-Unis, à la volonté de jouer sur les contradictions entre deux principaux candidats au poste présidentiel :
Barack Obama et Mitt
Romney ". Au regard de l’expert, lorsque ladite publication aura produit son effet, Israël obtiendra des
Etats-Unis une aide militaire et financière encore plus importante. Il n’y a pas à en douter. Jusque là toutes ses demandes étaient entièrement satisfaites. /L