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L'accord en zone euro apporte l'espoir d'une accalmie dans la crise

June 29, 2012 at 4:07 pm. Shared by Josie

L'accord surprise auquel sont parvenus les dirigeants de la zone euro vendredi a immédiatement provoqué une détente des taux d'intérêts de l'Italie et de l'Espagne, principaux bénéficiaires des mesures adoptées, apportant l'espoir d'une accalmie dans la crise.

Vendredi matin, une poignée d'heures à peine après s'être séparée de ses homologues de la zone euro, la chancelière allemande, Angela Merkel, s'est montrée satisfaite des compromis trouvés pour aider les pays en difficulté de l'union monétaire, malgré des échanges parfois tendus, selon des diplomates.

"Je pense que nous avons réalisé quelque chose d'important mais nous sommes restés fidèles à notre philosophie: aucune prestation sans contrepartie", a-t-elle déclaré.

Le président français, François Hollande, s'est quant à lui réjoui des "effets heureux" des mesures décidées dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les Bourses européennes ont très bien réagi vendredi après l'accord, qui porte entre autres sur la possibilité de recapitaliser directement les banques via les fonds de secours européens, le FESF et le MES.

"La possibilité d'utiliser à l'avenir" les fonds de secours européen "pour une recapitalisation directe des banques, que la Banque centrale européenne défendait depuis longtemps, est un bon résultat", a déclaré vendredi son président, Mario Draghi, en marge du sommet de Bruxelles.

Cet élargissement du rôle des deux fonds répond à une demande forte de l'Italie et surtout de l'Espagne, qui cherchait à éviter que le plan de sauvetage de ses banques n'alourdisse sa dette publique au point de la rendre insoutenable.

La zone euro est également prête à faire un usage plus "souple" des fonds de secours afin de "rassurer les marchés et d'obtenir de la stabilité sur les obligations souveraines de ses membres", avait expliqué à l'issue de la réunion le président de l'UE, Herman Van Rompuy.

Une façon d'indiquer que le FESF et le MES pourraient acheter directement des titres de dette de pays fragiles sur les marchés.

Ces mesures de stabilisation financière se heurtaient jusqu'ici à l'opposition de plusieurs pays, en particulier l'Allemagne.

M. Monti, qui jugeait que l'Italie pâtissait injustement de taux d'intérêts très élevés alors même qu'elle avait fait le nécessaire en matière d'efforts budgétaires et de réformes structurelles, a salué un accord "très important pour l'avenir de l'Union européenne et de la zone euro".

Mais l'Allemagne elle aussi y trouve des sujets de satisfaction, puisque, comme elle le souhaitait, un mécanisme unique de supervision financière sera établi, dans lequel la BCE aura un rôle à jouer.

"Chacun autour de la table a des problèmes, a des questions, a des idées, a des ambitions aussi. Et la discussion se fait longuement (...) et finalement, c'est l'Europe qui gagne. C'est le projet européen qui s'améliore", a commenté vendredi le commissaire européen aux Services financiers et au marché intérieur, Michel Barnier.

Comme espéré par Madrid et Rome, leurs taux d'emprunt à long terme se détendaient très nettement vendredi matin: le rendement espagnol reculait à 6,466%, contre 6,896% jeudi soir, et le rendement italien s'établissait à 5,865%, contre 6,182%.

"Le sommet est un franc succès. Il va très clairement dans le bon sens car il met enfin en place des outils efficaces sur la durée", s'est félicité René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.

Pour obtenir les mesures qu'ils souhaitaient, Italiens et Espagnols avaient menacé de ne pas signer un ensemble de mesures pourtant consensuelles en faveur de la croissance, et qui tenaient particulièrement à coeur à M. Hollande.

Ce pacte pour la croissance et l'emploi, auquel ils se sont finalement ralliés après avoir obtenu satisfaction sur les autres mesures réclamées, consistera à injecter 120 milliards d'euros dans des projets d'avenir.

A plus long terme, M. Van Rompuy a aussi annoncé que les dirigeants de la zone euro avaient donné leur feu vert à une feuille de route dans le but de renforcer l'union économique et monétaire.

Ce renforcement s'appuierait sur "quatre piliers": un cadre financier, un cadre budgétaire, un cadre en matière de politique économique et un renforcement du contrôle démocratique. De premières propositions en ce sens seront présentées en octobre, a-t-il dit.

M. Hollande a annoncé vendredi, à la fin du sommet qu'il allait soumettre "rapidement" au Parlement français pour ratification "toutes les décisions" adoptées au sommet européen de Bruxelles, y compris le pacte budgétaire européen.

Ce sommet que M. Van Rompuy a qualifié de "difficile" mais "fructueux", a aussi débouché sur un accord permettant la création d'un brevet unique européen, un dossier qui traînait depuis 30 ans, et, sur le plan diplomatique, il a permis de lancer les négociations d'adhésion à l'UE du Monténégro.

En revanche, le sujet de la succession du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de l'Eurogroupe a été remis à début juillet, a indiqué M. Van Rompuy.

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